1988-89

Photo : X (Allez Caen n°59, publicité pour le Crédit Agricole)

Debout en haut : N'Jo Léa, Garcia, Pichard, Avrillon, Fall, Dumas, Lebourgeois.
Debout au milieu : Brown, Morcel, Bensoussan, Stein, Divert, Vincent, Léopoldès, Philip, Montanier, Gacoin, Samassa.
Assis : Domergue, Zemb, Florès, Médot, Fiolet, Nouzaret, Point, Bala, Rix. 

Nouzaret aux commandes.
Caen monte en division 1 avec un club à structurer pour s'adapter au plus haut niveau professionnel. Un nouveau président  est arrivé au printemps 1988 : Jean-Jacques Fiolet a 36 ans et c'est le benjamin des dirigeants de l'élite. Alors qu'Erick Mombaerts, qui dirige le centre de formation de PSG était pressenti, Robert Nouzaret devient l'entraîneur. Il était à Lyon depuis juillet 1985, mais avait été limogé en octobre 1987, donc ne dirigeait plus l'OL au moment des barrages contre Caen.
Domergue et Rix figures de proue du recrutement.
Du côté des joueurs, il faut un recrutement important pour pallier le départ de plusieurs cadres de l'équipe. Les deux recrues phares sont Jean-François Domergue, libéro de l'OM et international français, auteur de deux buts en demi-finale de l'Euro 84, et Graham Rix, international anglais avec 17 sélections entre 1980 et 1984, qui vient d'Arsenal où il a passé douze années, étant notamment finaliste de la coupe des coupes en 1980 (c'est lui qui rata le penalty décisif). Il n'est pas le seul Anglais à devenir Malherbiste : Brian Stein, avant-centre de Luton où il a marqué plus de 150 buts en un peu moins de 500 matches, l'accompagne. A part Zemb, bon buteur de division 2, les autres recrues sont toutes issues de la division 1, loin cependant d'y avoir été des titulaires indiscutables, comme le milieu Rudy Garcia à Lille ou le défenseur latéral gauche sénégalais Pape Fall à l'OM. En attaque, William N'jo Léa vient de Lens où il a passé trois saisons, marquant six, sept et quatre buts et jouant la coupe d'Europe en 1986. Le milieu défensif Pastinelli sera prêté par l'OM peu après le début du championnat.
Brown à la formation.
Bobby Brown, entraîneur d'Argentan, devient responsable de la formation, tandis que Guy Stéphan part à Montceau-les-Mines, lui qui, par la suite, entraînera notamment Lyon, Bordeaux, puis sera l'adjoint de Didier Deschamps à Marseille et  en équipe de France. Peu après le début du championnat, Pascal Théault deviendra entraîneur adjoint. 

Transferts

Arrivées

Domergue (OM), Fall (OM), Philip (Laval), Garcia (Lille), Rix (Arsenal), N'Jo Lea (Lens), Stein (Luton), Zemb (Cuiseaux-Louhans), Pastinelli (OM).

Départs

Prieur (Valenciennes), Scipion (Le Havre), Nikolic (Nancy), Dostanic (Le Mans), Pécout (Tours), Delval (entraîneur de l'équipe C), Pesin (Bressuire).

Départ calamiteux.
Malgré tout, Caen n'a pas les faveurs des pronostiqueurs, qui prévoient plutôt un retour à l'échelon inférieur. Ce pessimisme est accru par le départ catastrophique de l'équipe : six défaites consécutives pour commencer, dont trois à domicile et cinq sans marquer de but. Lors du premier match à Venoix, perdu 3-2 contre Nantes, le SMC n'est pas loin de la victoire puis du nul, menant 2-1 et encaissant le dernier but peu avant la fin, alors qu'un tir N'Jo Léa est repoussé par le montant à la dernière minute. La suite est moins positive car Malherbe ne marque pas pendant quatre rencontres.  Pour le septième match, Caen reçoit Toulon, leader invaincu. N'Jo Léa ne s'adapte pas à la façon de jouer caennaise, Brian Stein s'est blessé gravement au genou contre Montpellier deux journées avant (il ne reviendra pas avant la trêve) et la rencontre précédente au Parc des Princes a été désastreuse.
Enfin Malherbe vainc.
Cela conduit Nouzaret à titulariser Fabrice Divert à la pointe de l'attaque, en compagnie d'Yvan Lebourgeois. Le jeune Normand est à la hauteur de cette confiance. Une faute sur lui permet à Caen d'ouvrir le score avant la mi-temps par Domergue sur penalty, mais Toulon égalise en seconde période. A deux minutes de la fin, Divert libère tout un stade en marquant le but de la victoire en reprenant un tir de Lebourgeois repoussé par Bell.

Photo : X  (Allez Malherbe n°1)

Debout : Bensoussan, Philip, Dumas, Lebourgeois, Domergue, Bala, Divert.
Accroupis : Avrillon, Fall, Garcia, Rix.

Remontée au classement.
Ce succès est un déclic car, après une autre défaite à Auxerre, Malherbe aligne sept matches sans perdre. A Toulouse et en recevant Sochaux, l'équipe réalise deux nuls 0-0 mais surtout ne prend pas de but pour la première fois, tout en perdant malheureusement Rudi Garcia pour une longue durée. La victoire à trois points, instaurée cette saison-là et qui sera une précieuse alliée, permet une remontée jusqu'à la seizième place. Notamment, une victoire 2-1 à Strasbourg qui menait 1-0 est le premier succès à l'extérieur, revanche de la saison passée plaçant l'adversaire du jour, premier relégable, à six points et qui sera surtout décisif en fin de parcours comme on le verra. Fabrice Divert confirme son éclosion et marque un but lors de cinq rencontres consécutives.A Marseille, Malherbe tient le match nul jusqu'à un quart d'heure de la fin mais cède finalement 4-2 tandis qu'à domicile, deux nuls sont plutôt méritoires, obtenus après des courses-poursuites contre le Matra RP, où le score est ouvert à la quatrième minute, et Laval, où l'égalisation survient à une minute de la fin. Après une déroute 5-0 à Lens, Caen s'offre une superbe victoire 3-0 contre Bordeaux, prenant les Girondins à la gorge en marquant par Lebourgeois à la neuvième minute, puis par un coup-franc de Rix à la onzième, Domergue parachevant le score à la trente-troisième en transformant un pénalty. A la fin des matchs aller, Caen est seizième et possède huit points d'avance sur le dix-huitième.
Fin d'année laborieuse.
Jusqu'à la trêve, le parcours est moins convaincant. Le style caennais est fait d'enthousiasme et de générosité et les terrains gras ainsi que, pour finir, trois rencontres en une semaine, font que l'équipe n'a plus les moyens physiques nécessaires à sa débauche d'énergie. Elle perd quatre fois en cinq matchs et finit l'année par une défaite à Venoix contre Paris SG, en étant alors à la dix-septième place en n'ayant plus qu'un point d'avance sur le premier relégable qui est Laval.
Montanier dans les buts.
Lors de la trêve, Malherbe effectue une tournée en Angleterre. Face aux rugueux attaquants anglais, Montanier se montre convaincant et Nouzaret le titularise dans les buts. Par ailleurs, Caen récupère Brian Stein après sa longue absence.

Un programme de match amical en Angleterre. Devinez qui est Franch Duras !

Canal+ à Venoix.
A la reprise, Caen subit une défaite à Toulon mais se reprend en battant Auxerre à Venoix, puis un exceptionnel Montanier sauve le nul à Lille en arrêtant notamment deux pénaltys. Le match à domicile suivant, contre Toulouse, voit Malherbe jouer pour la première fois devant les caméras de Canal +, avec une victoire sans appel sur le score de 3-0.
Des nuls pour espérer.
Malheureusement, le SMC subit ensuite quatre défaites en cinq matches, avec un nul contre Strasbourg à Venoix. Les Caennais sont battus tout à la fin à Sochaux et cèdent à domicile contre Saint Etienne en encaissant trois buts du même Tibeuf alors que Rix avait ouvert les score. En Alsace, Caen mène 2-0 et se fait rejoindre 2-2, puis prend à nouveau l'avantage à six minutes de la fin avant que Strasbourg n'égalise deux minutes avant le coup de sifflet final. Deux rencontres et un point plus tard, obtenu contre Marseille sans Divert expulsé en coupe, Malherbe est dix-neuvième et se déplace à Laval avec trois points de retard sur le Stade Lavallois. Cette rencontre mobilise les supporteurs caennais qui accompagnent en masse leur équipe en Mayenne. Celle-ci obtient un match nul 1-1 concédé peu après que Garcia a ouvert le score et qui permet d'entretenir l'espoir.
Trois victoires pour un miracle.
Il reste trois journées et Caen reçoit Lens, qui est largement dernier, mais qui a écrasé les Caennais 5-0 à l'aller. Après un siège ininterrompu du but lensois, Divert finit par trouver l'ouverture à la dernière minute des arrêts de jeu. Le SMC se déplace alors à Bordeaux pour un match dont l'issue semble inéluctable, avec une seule victoire et quatre nuls à l'extérieur jusqu'alors. La première mi-temps confirme cette inquiétude, les Girondins menant 2-0. Fabrice Divert, définitivement sauveur du club, réalise alors un exceptionnel triplé en douze minutes, permettant à Caen de gagner 3-2 et de revenir à deux points de Strasbourg et du Matra avant la dernière journée. Lors de celle-ci, Caen reçoit Cannes. Stein, qui n'a pas joué depuis quatre matches, encore fièvreux la veille, rentre après vingt minutes pour remplacer Lebourgeois blessé. Cinq minutes plus tard, il marque le premier but et finalement s'offre un triplé parachevé à la dernière minute. Par cette victoire 3-0, Caen double ses deux adversaires et finit seizième. Le maintien est ainsi acquis in extremis avec ces trois succès consécutifs. 

Piègés en Coupe.
En coupe de France,  Caen parvient en huitièmes de finale contre Beauvais. Après avoir perdu 1-0 à l'aller, Malherbe ne réussit pas à retourner la tendance au retour à Venoix en perdant 3-1 après prolongations, de manière très décevante à commencer par l'expulsion de Divert.

Effectif (matches joués)

Gardiens

Bensoussan (24), Montanier (14)

Défenseurs

Avrillon (37), Bala (30), Domergue (38-5), Fall (27), Léopoldès (22), Pastinelli (19)

Milieux

Philip (25), Garcia (14-1), Pichard (3), Point (33-2), Florès (10), Dumas (38-3), Rix (35-5)

Attaquants

Lebourgeois (36-3), Stein (15-6), Divert (31-14), N'Jo Léa (11), Zemb (2)

La citadelle Venoix.
Fabrice Divert, héros de la saison s'il faut en désigner un, finit huitième buteur avec quatorze buts. 10600 spectateurs de moyenne ont accompagné cette épopée et ont d'ailleurs largement contribué à sa réalisation, car c'est à domicile que l'équipe a forgé son exploit, portée par les encouragements de son public.
Le jubilé de Pascal Théault.
La venue de l'AS Saint-Etienne, grand club français, est l'occasion d'organiser, un an après celui d'Alain Douville, le jubilé d'un autre grand de Malherbe : Pascal Théault.

En bleu, les coéquipiers des années 70 et en blanc, ceux des années 80.

CHAMPIONNAT : PREMIERE DIVISION

Matches aller

Matches retour

CANNES-CAEN 2-0

 NANTES-CAEN 3-1

 CAEN-NANTES 2-3

 CAEN-METZ 0-0

 METZ-CAEN 1-0

 MONACO-CAEN 3-1

 CAEN-MONACO 0-3

MONTPELLIER-CAEN 1-0 

CAEN-MONTPELLIER 0-1

CAEN-PARIS SG 0-1

 PARIS SG-CAEN 3-0

 TOULON-CAEN 1-0

 CAEN-TOULON 2-1

 CAEN-AUXERRE 1-0

 AUXERRE-CAEN 3-0

 LILLE-CAEN 1-1

 CAEN-LILLE 2-1

 CAEN-TOULOUSE 3-0

 TOULOUSE-CAEN 0-0

 SOCHAUX-CAEN 1-0

 CAEN-SOCHAUX 0-0

CAEN-SAINT-ETIENNE 2-3

SAINT-ETIENNE-CAEN 1-1

 NICE-CAEN 5-0

 CAEN-NICE 2-1

 CAEN-STRASBOURG 3-3

 STRASBOURG-CAEN 1-2

MATRA RP-CAEN 3-1

CAEN-MATRA RP 1-1

CAEN-MARSEILLE 0-0

MARSEILLE-CAEN 4-2

LAVAL-CAEN 1-1

CAEN-LAVAL 1-1

CAEN-LENS 1-0

LENS-CAEN 5-0

BORDEAUX-CAEN 2-3

CAEN-BORDEAUX 3-0

CAEN-CANNES 3-0

16ème, 40 points, 10 victoires, 10 nuls, 18 défaites, 39 buts marqués, 60 buts encaissés

COUPE DE FRANCE

32èmes

SAINT GAUDENS (DH)-CAEN 0-4

16èmes aller

CAEN-DUNKERQUE (D2) 1-0

16èmes retour

DUNKERQUE (D2)-CAEN 0-0

8èmes aller

BEAUVAIS (D2)-CAEN 1-0

8èmes retour

CAEN-BEAUVAIS (D2) 1-3 ap


On reste en D1, on reste en D1, on reste, on reste, on reste en D1 ...


Compositions d'équipe et buteurs de la saison


1987/88

 

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